À propos

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Adrien de montbron

La lumière ricoche sur les ondulations de l’eau, se déploie dans les feuilles et les mousses. Adrien de Montbron fait bruisser le moindre coin de ses tableaux, et la composition bouscule la notion même de point de vue. Le regard ne circule pas jusqu’à un sujet qui occuperait un centre ou un endroit déterminé ; il se perd dans les tons vifs. Les touches rapides et précises d’acrylique s’entrechoquent, participent à la vie qui bat son plein. L’humain, quand il est représenté, aux champs ou se délassant en forêt, dans un cours d’eau, se perd au second plan. L’artiste participe d’une génération qui cherche non seulement à voir, mais à montrer autrement. Dans la végétation dense, l’acidité des couleurs, et en particulier des verts, permet de distinguer tout ce qui croît, ce qui pousse et se bouscule lorsque l’on parle de la « nature », des vivants. Le cadrage, qui met en valeur une certaine tranquillité du ciel et les travaux des champs, semble rejoindre ce Souci de la Terre que traduit Frédéric Boyer des Bucoliques et des Géorgiques de Virgile : « oh oui, chanter les grands espaces, mais en cultiver un petit ».

Adrien de Montbron ne néglige aucun détail ; il travaille avec le temps que permet de prendre la photo, sans pour autant se limiter à cet aide-mémoire précieux. Sa propre expérience transparaît pour rendre toute sa densité à ce genre qui n’est plus la vue d’un pays, le paysage, mais son vécu. Il n’est pas anodin que la plupart des photos à partir desquelles travaille l’artiste viennent de sa famille et du monde paysan. Il y a là une adresse, une destination. Dans le flux numérique des images, ce jeu de filtres et de mèmes, l’investissement affectif et les touches d’humour font toute la différence et permettent de toucher quelque chose au-delà de l’écran, de travailler le cadre même de la peinture. Passant du dessin à la peinture, Adrien de Montbron troque le travail de la réserve pour celui du passage en couches, mais garde une même attention aux limites, à la façon dont on arrête une image et dont on suggère son dehors.

Henri Guette, Critique d’art


Expositions

2026 – Sillons, Centre culturel Saint-Cyprien et à l’Atelier – Galerie La Palette des Possibles, Toulouse
2025 – La vache c’est du design, Design Week, Toulouse
2024 – Les Arts en balade, Toulouse

Adrien de Montbron. Tous droits réservés, 2026.